Masiwa — La détention de Sambi. L’État de droit interrogé.
Dans Masiwa, l'incarcération prolongée de l'ancien président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, détenu depuis neuf ans, suscite des inquiétudes majeures sur son état de santé et le respect de l'État de droit.
Après le 3000e jour de détention, le bras de fer entre l’ancien président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi et l’actuel chef de l’État dépasse le simple cadre judiciaire. L’incarcération prolongée d’un homme politique malade pèse lourdement sur la situation politique et sociale du pays.
L’affaire Sambi a créé un précédent car un ancien président a été jugé pour haute trahison et est détenu depuis neuf ans pour une affaire présumée de corruption. Les avocats Me Ahmada Mahamadou, Me Fahami Said Ibrahim et Mohamed Rafsandjani ont dénoncé lors d'une conférence de presse les violations des droits de l'ancien président, notamment l’atteinte à sa dignité et le danger vital qu'il encourt.
Me Ahamada Mahamadou a alerté sur la pathologie coronaire et l'insuffisance cardiaque de son client, pointant un risque imminent de mort faute d'une évacuation sanitaire d'urgence. Il souligne la responsabilité de l’État comorien pour violation du droit à la vie et traitements inhumains ou dégradants envers une personne vulnérable sous sa garde.
De son côté, Me Fahami Said Ibrahim a critiqué le caractère excessif et opaque de cette détention qui dépasse le maximum légal prévu pour les infractions de droit commun. Il remet en cause la légitimité de la Cour de sûreté de l’État, récemment condamnée par la Commission africaine des Droits de l’Homme et des peuples (CADHP).
Le Rassemblement de l’Opposition comorienne (ROC) a également exprimé sa consternation face à la dégradation des conditions de détention aux Comores et au refus récurrent d'assurer l'accès aux soins médicaux indispensables aux détenus, citant spécifiquement le cas de Mohamed Sambi.
Sources et documents

